Makutano «carrefour» réunit recherches scientifiques et création artistique autour de la chefferie des Bayeke pour faire émerger les mémoires et patrimoines fragilisés dans un territoire marqué par l’exploitation minière.

Note conceptuelle
Makutanu/Bunkeya Plurielle est un projet qui allie recherches scientifiques et créations artistiques, dans le but d’explorer de nouvelles manières de produire, de raconter et de présenter l’histoire et le patrimoine culturel. En dépassant les approches disciplinaires classiques, l’initiative cherche à faire dialoguer différentes formes de savoirs afin de renouveler notre compréhension du passé. L’exposition présente des documents, objets et œuvres provenant de recherches archéologiques, de l’ethnographiques et historiques, des archives et de la création artistique contemporaine. Ces matériaux permettent d’interroger la diversité des perspectives autour de l’histoire du Royaume des Bayeke, entité politique majeure du sud-est de l’actuelle République démocratique du Congo, et d’examiner les significations de ce qui persiste ou « survit » jusqu’à nous. En révélant les traces visibles et invisibles du passé, l’exposition met en évidence la manière dont les récits historiques se construisent, se transforment et se transmettent au fil du temps.
Ces traces révèlent un héritage complexe, façonné par des dynamiques multiples, telles que les migrations des groupes et d’individus, les réseaux commerciaux, les conflits politiques, la domination coloniale ou encore l’essor de l’exploitation minière industrielle. Chacun de ces processus a laissé une empreinte durable sur les territoires, les mémoires et les identités locales, contribuant à façonner la pluralité des récits liés à Bunkeya et à son environnement.
Issu de deux années d’enquêtes approfondies, Bunkeya Plurielle repose sur une démarche collaborative et interdisciplinaire. Le projet met en dialogue des données provenant de l’archéologie, de l’ethnographie, des archives coloniales, ainsi que de l’histoire orale recueillie auprès des communautés locales. En croisant ces différentes sources, il devient possible de reconstituer des fragments d’histoires longtemps marginalisées, de valoriser des voix souvent absentes des récits dominants et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion sur la transmission du patrimoine.
Ainsi, Bunkeya Plurielle ne se limite pas à exposer des objets ou des documents : il propose un espace de réflexion critique et de création, où passé et présent se rencontrent pour questionner les héritages, les mémoires et les futurs possibles.

 

Le paysage historique

Le paysage historique

 

Les archives

Les archives

 

La matérialité du passé et du présent

La matérialité du passé et du présent

 

 

Cérémonies

Cérémonies

 

Enjeux contemporains du contexte minier

Enjeux contemporains du contexte minier

 

Biographies des participants 
Noemie Arazi est titulaire d’un doctorat en archéologie africaine de l’University College London (Royaume-Uni). De 2018 à 2025, elle a été la promotrice d’un projet de recherche sur l’histoire des Arabo-Swahilie au Maniema qui allié l’archéologie, l’histoire oral, les archives et la recherche de provenance. Pendant de nombreuses années, elle a également travaillé sur la préservation du patrimoine culturel dans le secteur des infrastructures et des mines, ce qui lui a permis d’acquérir une compréhension de leur impact sur les communautés locales et les paysages culturels. Elle travaille actuellement à l’AfricaMuseum à Tervuren (Belgique) en tant que chercheuse à la section Patrimoine.

Mandela Kaumba Mazanga est titulaire d’un doctorat en Histoire, histoire de l’art et archéologie de l’Université libre de Bruxelles et en Langues et cultures africaines de l’Université de Gand. Son projet doctoral porte sur la céramique des 19e, 20e et 21e siècles dans l’espace Kongo, à travers une approche combinant un travail de terrain ethnographique sur les traditions potières survivantes en RDC et en Angola, l’étude des collections muséales et des fouilles et prospections archéologiques.
Elle est Professeur Associé à l’Université de Lubumbashi où elle enseigne depuis 2011.

Olivier Mulumbwa Luna est titulaire d’un doctorat en Sciences Historiques, Gestion du Patrimoine et Développement de l’Université de Lubumbashi où il enseigne depuis 2012. Ils’intéresse à la recherche ethnoarchéologique de la poterie des Bashila du lac Moëro et à la recherche des témoignages matériels et immatériels des violences des Arabo-Swahili dans les Maniema au 19ème siècle.

Gulda El Magambo Bin Ali, né à Lubumbashi en R.D. Congo, où il vit et travaille. El Magambo Bin Ali Gulda Ghislain, de son vrai nom est un Artiste photographe et vidéaste. Artiste engagé et chercheur indépendant, il collabore avec des nombreux chercheurs et artistes dans plusieurs disciplines. Son travaille photographique et vidéographique est axée sur la protection du patrimoine culturelle et de l’environnement de son pays. Depuis 2004 jusqu’au ce jour, il est très actif dans le monde culturel et artistique avec plusieurs travaux photographiques et vidéo d’art qu’il a exposé à travers le monde. Ces travaux montrent l’évolution ou les problèmes ayant touché son pays la R.D.Congo.

Nicolas Nikis est archéologue, enseignant à l’Université libre de bruxelles et chercheur au Musée royal de l’Afrique centrale. Titulaire d’un doctorat en Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie de l’ULB (2018), il coordonne plusieurs projets de recherche et d’enseignement en Afrique centrale. Ses recherches se centrent sur les réseaux d’échanges en Afrique centrale et sur l’étude de la céramique et de la métallurgie afin de reconstituer les savoir-faire anciens.

Alain Nsenga est enseignant, artiste photographe, graphiste et créateur multimédia basé à Lubumbashi, en République Démocratique du Congo. Son travail explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et du quotidien congolais, en portant un regard à la fois poétique et documentaire sur la vie sociale et l’histoire de sa région. Ses séries Métamorphose et Fantasmagoria interrogent respectivement la question de l’identité et le monde du travail minier. Il participe également au projet collectif ‘‘Bunkeya Plurielles’’, en collaboration avec des archéologues et artistes autour des traditions anciennes dans les Haut-Katanga.